On ouvre le tiroir de la machine, et les trois compartiments nous fixent sans la moindre indication lisible. Le marquage est effacé, le symbole à moitié moulé dans le plastique, et on hésite entre le grand bac et le petit. Mettre la lessive au mauvais endroit, ce n’est pas anodin : on risque des traces blanches sur le linge, un produit mal rincé, ou un tiroir qui s’encrasse en quelques semaines.
Tiroir à trois compartiments : lire les symboles moulés dans le plastique
La majorité des lave-linge à hublot utilisent un tiroir divisé en trois bacs. Chacun porte un symbole, souvent en relief, parfois presque invisible à l’œil nu. Avant de verser quoi que ce soit, on retire le tiroir complètement (il suffit en général d’appuyer sur un clip central) et on regarde les marquages sous un bon éclairage.
Le compartiment marqué II (ou B) est celui du lavage principal. C’est le plus grand des trois, presque toujours situé à gauche. C’est là que va la lessive, qu’elle soit liquide ou en poudre.
Le compartiment marqué I (ou A) est réservé au prélavage. Il est plus petit, souvent au milieu ou à droite selon les marques. On ne l’utilise que si on sélectionne un programme avec prélavage, typiquement pour du linge très sale ou taché.
Le troisième bac porte un symbole de fleur ou un pictogramme en forme de trèfle. C’est le compartiment de l’adoucissant. Il est le plus étroit et comporte souvent un siphon ou un petit tube central qui régule l’écoulement. Une règle à retenir : ne jamais dépasser la ligne MAX gravée dans ce bac. Un excès d’adoucissant déborde pendant le cycle de rinçage et laisse des résidus gras sur les fibres.

Lessive liquide, poudre ou capsule : le compartiment change selon la forme
On met souvent tout au même endroit par réflexe. La forme du produit change pourtant la règle d’utilisation du tiroir.
Lessive liquide et lessive en poudre
Les deux vont dans le compartiment II. Pour la lessive liquide, certains fabricants fournissent un petit bac amovible ou un insert en plastique à placer dans le compartiment II. Cet insert empêche le liquide de s’écouler trop vite avant le début du cycle. Sans lui, une partie du produit peut filer directement dans le tambour pendant le remplissage, ce qui réduit son efficacité.
La lessive en poudre se verse directement dans le compartiment II, sans insert. Elle se dissout au contact de l’eau qui circule dans le tiroir au démarrage du programme.
Capsules et doses hydrosolubles
Les capsules ne vont jamais dans le tiroir. On les place directement au fond du tambour vide, avant de charger le linge par-dessus. Si on les met dans le bac II, l’eau qui traverse le tiroir ne suffit pas à dissoudre l’enveloppe correctement. Résultat : des morceaux de film plastique collés au linge en fin de cycle, et un compartiment encrassé par le gel concentré.
Erreurs de compartiment lessive : ce qui se passe concrètement dans la machine
Inverser les bacs n’est pas catastrophique à chaque fois, mais les conséquences s’accumulent au fil des lavages.
- Lessive versée dans le bac adoucissant (symbole fleur) : le produit est libéré pendant le rinçage, pas pendant le lavage. Le linge n’est donc pas nettoyé, et la lessive reste piégée dans les fibres au lieu d’être évacuée avec l’eau sale.
- Lessive versée dans le bac I (prélavage) sans programme adapté : la machine n’aspire pas l’eau dans ce compartiment si le prélavage n’est pas activé. La lessive reste intacte dans le bac et forme une croûte au fil des cycles.
- Adoucissant versé dans le bac II : il est libéré pendant le lavage, avant le rinçage. Son action est annulée par le détergent, et le linge ressort sans aucun assouplissement.
Sur le long terme, les dépôts de produit mal rincé bouchent les conduits du tiroir. On retrouve de l’eau stagnante, des moisissures dans les joints, et une odeur de renfermé qui imprègne le linge propre.

Machines sans marquage visible : identifier le bon bac par la taille et la position
Sur certains modèles anciens ou d’entrée de gamme, les symboles I, II et la fleur ont disparu avec l’usure. On peut quand même s’y retrouver avec trois repères physiques.
Le bac le plus volumineux est le compartiment de lavage principal (II). C’est une constante sur la quasi-totalité des machines à hublot, quelle que soit la marque.
Le bac le plus étroit, souvent avec un petit cylindre central ou une paroi en forme d’entonnoir, est celui de l’adoucissant. Ce cylindre sert de trop-plein : il empêche l’adoucissant d’être libéré trop tôt dans le cycle.
Le bac restant, de taille intermédiaire, est celui du prélavage. Si on ne fait jamais de prélavage, ce compartiment doit rester vide.
Pour les machines à chargement par le dessus, le tiroir est parfois intégré au couvercle ou sur le bord du tambour. La logique reste la même : un grand bac pour le lavage, un petit pour l’adoucissant. Les retours varient sur ce point selon les modèles, donc on vérifie toujours le manuel ou l’étiquette collée à l’intérieur du capot.
Entretien du tiroir : éviter l’encrassement qui fausse le dosage
Un tiroir encrassé modifie la façon dont l’eau circule dans les compartiments. Si des résidus de poudre ou de gel obstruent les canaux, la lessive n’est pas correctement entraînée dans le tambour.
On retire le tiroir une fois par mois et on le rince à l’eau chaude. Un passage sous le robinet suffit en général. Si des dépôts sont incrustés, on laisse tremper le tiroir dans une bassine d’eau chaude pendant une quinzaine de minutes, puis on frotte les recoins avec une vieille brosse à dents.
Le logement du tiroir dans la machine mérite aussi un coup d’œil. On passe un chiffon humide sur les parois et le plafond de la cavité, là où des moisissures se forment à cause de l’humidité résiduelle. Un tiroir propre garantit que chaque produit arrive au bon moment dans le cycle.
Le réflexe le plus fiable reste de tirer le bac, repérer le symbole II, y mettre la lessive, et ne rien toucher d’autre sauf besoin précis. Moins on utilise de compartiments, moins on risque de se tromper.

